Des pommes de terre germées que l’on jette presque automatiquement pourraient ne pas être aussi dangereuses qu’on l’a longtemps cru. Une étude récente de l’University of Lincoln remet en question cette habitude bien ancrée dans les cuisines du monde entier. Les chercheurs suggèrent que certains réflexes liés au gaspillage alimentaire méritent d’être revus. Et les résultats ouvrent une discussion bien plus large qu’il n’y paraît.

Les scientifiques ont analysé plus de 800 lots de pommes de terre provenant de plusieurs enseignes et ont constaté que la germination reste un phénomène difficile à éviter, même lorsque les aliments sont stockés dans de bonnes conditions. Selon leurs observations, environ une moitié des pommes de terre commence à germer dans la semaine suivant l’achat, malgré un environnement frais et sombre.

Le responsable de l’étude a expliqué que la principale cause de mise au rebut n’était pas la détérioration du produit, mais simplement la présence de germes, souvent perçus à tort comme un signe d’inutilisabilité. Il a également souligné que les consommateurs ont tendance à trop manipuler et éplucher les pommes de terre, ce qui augmente encore le volume de déchets alimentaires sans réelle nécessité.

D’après les conclusions des chercheurs, les pommes de terre germées restent consommables à condition de retirer soigneusement les germes avant cuisson. Une simple découpe suffit, sans altérer ni le goût ni la qualité du produit final.

Ces résultats invitent à reconsidérer nos réflexes en cuisine et à réduire le gaspillage alimentaire, en distinguant mieux les véritables risques sanitaires des simples changements d’apparence des aliments.